Coaching

Mon rôle de love coach

Je suis coach en relations amoureuses, formée en anthropologie et en sociologie féministe (dont la psychosociologie), et spécialiste des dynamiques d’emprise et de violences psychologiques.
J’accompagne les personnes qui veulent construire des relations amoureuses plus justes, plus désirantes et plus sûres, dans un monde où l’isolement, la précarité et les jeux de pouvoir dans l’intime se renforcent.

Je pars d’un constat: nous avons besoin de liens solides – couples, familles, amitiés, communautés – pour notre santé psychique, sexuelle et physique, mais ces liens ne sont pas neutres. Ils peuvent protéger, nourrir, stabiliser… ou au contraire enfermer, épuiser et mettre en danger.

L’affaiblissement des familles aimantes et empathiques ne touche pas seulement les individus: il fragilise aussi les démocraties et l’économie. Des travaux sur le capital social montrent que les réseaux familiaux et associatifs contribuent à la confiance, à la coopération et à la participation civique, qui sont des ressources pour la prospérité et la stabilité démocratique.

Une approche féministe, systémique et clinique

Mon approche s’inscrit dans la lignée de l’analyse transactionnelle critique et de la radical psychiatry (Claude Steiner et son inspiratrice principale: Hogie Wyckoff), qui nomment le couplisme comme norme sociale dominante: l’idée qu’une « vraie vie adulte » passe forcément par le couple monogame et la famille nucléaire.
Je ne suis ni «pro‑couple» ni «anti‑couple»: je travaille sur comment le couple et la famille se construisent, à quelles conditions ils protègent réellement, et à quel moment ils deviennent des lieux de sacrifice unilatéral, d’emprise ou de violences – notamment de contrôle coercitif (surveillance, isolement, domination économique, intimidation, exploitation).

Je m’appuie sur:

  • la science de l’attachement (sécurité, anxiété, évitement, désorganisation)
  • la sociologie féministe de la famille, du genre et de l’amourruor.uottawa+1
  • les travaux contemporains sur la perversion narcissique au sens de Racamier: mouvements pervers narcissiques, noyaux pervers familiaux, configurations groupales caractérisées par le secret, la prédation, le discrédit de la vérité et la mise en scène de boucs émissaires.
  • la recherche sur la triade sombre (narcissisme, machiavélisme, psychopathie) et la façon dont ces traits s’expriment dans les relations par la manipulation, la froideur émotionnelle, l’exploitation et l’absence d’empathie.
  • les apports de clinicien•ne•s comme Ramani Durvasula, qui documente l’impact des personnalités narcissiques, antagonistes et à haut conflit sur la santé mentale, les familles et les couples.

Expertise: violences incestueuses, dynamiques familiales violentes, emprise

Je suis particulièrement experte:

  • des récits de victimes de violences incestueuses et des mécanismes par lesquels la famille organise le silence, la minimisation, le renversement de culpabilité et la mise au ban de celles et ceux qui parlent
  • des dynamiques familiales violentes et des «noyaux pervers» décrits par Racamier: configurations où plusieurs membres deviennent complices d’un système d’emprise, avec transgression des règles communes, secret et destruction de la pensée critique.
  • des stratégies d’emprise et de gaslighting: inversion systématique des responsabilités, brouillage de la réalité, discrédit de la victime, alternance de séduction et de dévalorisation – des mécanismes désormais bien décrits par la littérature sur les personnalités narcissiques et la triade noire.

Je m’appuie notamment sur les travaux de Marc Joly, qui a mené plusieurs années d’enquête avec l’association AJC sur les usages du terme «pervers narcissique» dans les violences morales intrafamiliales, et qui analyse la perversion narcissique comme forme contemporaine de violence morale et de domination, y compris dans les institutions et le champ politique. Et sur l’adaptation aux nouvelles normes des formes de domination interpersonnelles.

Une sociologie de l’amour, du pouvoir, du temps et des corps

Mon travail s’inscrit dans une sociologie des relations contemporaines qui articule intimité, marché, genre, temps et pouvoir:

  • Avec Eva Illouz, je prends au sérieux l’idée que nous vivons dans un capitalisme émotionnel où nos émotions et nos relations sont traversées par le marché, la psychologisation et les industries de la romance, ce qui reconfigure nos attentes, nos ruptures, nos scénarios d’échec et de réussite.cris.
  • Avec Marie Bergström, j’analyse comment les plateformes de rencontres et l’amour numérique reconfigurent les scripts de désir, sans abolir les hiérarchies de genre, de classe et d’âge.
  • Avec Isabelle Clair, je regarde comment le couple devient dès l’adolescence une norme de statut et un lieu d’apprentissage, parfois précoce, des rapports de genre et de domination – ce qui pèse fortement sur la santé mentale des adolescent·es, particulièrement en contexte d’isolement et de solitude.
  • Avec Jean‑Claude Kaufmann, je prends au sérieux la figure de la femme seule et du Prince charmant: la vie en solo comme trajectoire d’autonomie, mais aussi comme espace où persiste la quête d’un idéal amoureux difficile à satisfaire, à l’ère du web et de l’hyper‑choix. Je mobilise également sa théorie de l’action ménagère: le ménage, la cuisine, le linge, l’organisation du quotidien comme lieu central de conflictualité conjugale, d’injustice de genre et d’articulation entre vie personnelle et professionnelle.
  • Mon approche est matérialiste: elle prend en compte les budgets‑temps, la répartition du travail domestique et parental, la charge mentale, la disponibilité émotionnelle et les contraintes économiques concrètes des personnes que j’accompagne – pas seulement leurs «intentions» ou leurs «traumas» abstraits.
  • Avec Marc Joly, je relie les violences morales et la perversion narcissique à une sociologie du pouvoir: comment certaines formes de domination s’exercent aujourd’hui moins par la seule violence physique que par la violence morale et la pensée perverse au pouvoir, dans les familles comme dans les institutions.
  • Avec Jules Falquet, j’inscris les violences faites aux femmes et l’emprise dans une lecture matérialiste des imbrications de genre, de classe et de race, et des logiques d’appropriation des corps à l’ère néolibérale et néocoloniale.
  • Avec LeNora Bybee Mundt, universitaire américaine qui a contribué à apporter l’empowerment des femmes dans le travail social et à bâtir des projets pour la santé mentale des femmes, j’adopte une approche dans laquelle les sciences sociales peuvent être au coeur de l’accompagnement dans le domaine psychologique.
  • Enfin, je m’inspire de Norbert Elias et de son analyse du processus de civilisation des mœurs: la pacification apparente des violences physiques s’accompagne d’une internalisation de l’autocontrôle, de normes de comportement et de rapports de dépendance qui déplacent, mais ne font pas disparaître, les violences – ce qui éclaire la montée des formes morales et psychiques de domination.

Adolescent·es, fragilités familiales et santé mentale

Les fragilisations familiales actuelles touchent de plein fouet les adolescent·es: familles éclatées, parents sursollicités, isolement numérique, solitude accrue. Les travaux sur la jeunesse montrent que la solitude et la rupture de liens de qualité sont fortement associées à une augmentation des symptômes d’anxiété et de dépression, avec des effets pouvant se prolonger plusieurs années.

Lorsque les familles aimantes et empathiques se raréfient ou sont trop épuisées pour jouer leur rôle de base de sécurité, ce sont non seulement les parcours scolaires et psychiques des jeunes qui sont affectés, mais aussi, à terme, la capacité de la société à produire des adultes confiants, coopérants, capables de participer à la vie démocratique.


Célibat, individualisme et communs

Je ne pathologise pas le célibat: il peut être un choix légitime, vital, ou une étape de reconstruction. Mais je regarde lucidement les effets systémiques de l’extension massive des foyers d’une seule personne dans un contexte de recul de l’État social.

Les recherches sur l’exclusion sociale montrent que les personnes vivant seules sont, statistiquement, plus exposées à différentes formes de privation et d’exclusion que les couples, surtout lorsque les protections collectives (logement social, redistribution, services publics) se réduisent.
Une économie structurée autour de foyers isolés tend à privilégier les préférences individuelles (consommation, loisirs, mobilité) au détriment des usages collectifs partagés (espaces communs, solidarités de voisinage, services mutualisés), ce qui peut renforcer les inégalités, la solitude, la violence sociale et la perte des filets de sécurité quand l’État social s’effrite.

Mon travail ne consiste pas à culpabiliser les personnes seules, mais à les aider à penser comment elles peuvent tisser des liens solides (amitiés, communautés, couples, familles choisies) et participer à des formes de vie partagée qui protègent davantage que l’isolement dans un marché dérégulé.


Travailler avec les femmes: sortir de l’emprise, restaurer la confiance

Avec les femmes, je travaille à:

  • identifier les mouvements pervers narcissiques et le contrôle coercitif dans le couple et la famille: isolement, chantage, surveillance, sexualité imposée ou utilitarisée, discrédit systématique de leur perception.
  • défaire les mythes patriarcaux et masculinistes qui sapent leur confiance en elles et servent de terreau aux stratégies d’emprise («les femmes exagèrent», «si tu poses des limites, tu vas finir seule», «un vrai homme doit contrôler un peu»).
  • travailler ce que les violences incestueuses ou intrafamiliales ont installé dans leur rapport au corps, au désir, à la loyauté, à la culpabilité, pour qu’elles puissent retrouver une sécurité interne et une capacité de choix.
  • articuler un désir légitime de stabilité (y compris face aux risques d’IST, aux enjeux de contraception et de fertilité) avec la protection de leur intégrité, de leur liberté et de leur santé mentale.

Travailler avec les hommes: dépasser les mythes de la triade noire et du backlash

Je propose aussi un espace aux hommes qui se reconnaissent dans des scénarios de dureté relationnelle, de difficultés à s’attacher ou de ressentiment, et qui ne veulent pas se laisser capturer par les narratifs de la «manosphère» et du backlash.

Les recherches sur la triade noire montrent que narcissisme, machiavélisme et psychopathie, même à des niveaux «subcliniques», s’expriment par une tendance à exploiter, manipuler, instrumentaliser l’autre, avec manque d’empathie et focalisation sur le pouvoir et le statut.
Les discours masculinistes contemporains transforment ces traits en pseudo‑modèle de virilité, en expliquant aux hommes que la domination, la froideur émotionnelle, le contrôle et le mépris des femmes sont la voie de la réussite et de la «justice» face au féminisme.

Or ces mythes:

  • nuisent aux femmes et aux enfants, en sapant leur confiance et en préparant le terrain au contrôle coercitif et aux violences;
  • nuisent aussi aux hommes eux‑mêmes: isolement émotionnel, difficultés à s’engager, conflits répétés, troubles anxio‑dépressifs, impossibilité de construire les liens stables dont ils ont pourtant besoin pour leur santé psychique et sociale.

Mon travail avec eux consiste à:

  • mettre en lumière ces narratifs, ce qu’ils promettent et ce qu’ils détruisent,
  • proposer d’autres façons d’être homme: responsables, sensibles, désirants, capables de poser des limites sans dominer,
  • accompagner un chemin de déconstruction de l’emprise (sur l’autre et sur soi) pour aller vers des couples et des familles plus équilibrés – ce qui est aussi un enjeu de santé psychique, sexuelle et sociale dans le contexte actuel.

Désirabilité sociale, séduction et travail sur soi

Je tiens aussi un discours nuancé sur la désirabilité sociale. Dans un monde saturé d’injonctions à la performance et à l’esthétique, il est tentant de rejeter en bloc toute idée de séduction ou de travail sur son apparence comme «superficielle» ou oppressante.

Mon approche est différente:

  • je rappelle que la désirabilité sociale n’est pas forcément un gros mot: nous avons tous et toutes besoin de nous sentir désirables, choisis, reconnus;
  • je travaille avec les personnes à négocier avec elles‑mêmes ce qu’elles sont prêtes à céder à ces normes, et ce qu’elles refusent, pour trouver un compromis qui ne les trahit pas;
  • je valorise un travail positif sur soi: prendre soin de son corps, de sa présentation, de sa santé, de son style, peut être un investissement léger mais significatif au service de la séduction, à condition que ce soit volontaire, conscient et respectueux de sa nature, et non dicté par la haine de soi ou la violence des standards.

L’enjeu n’est pas de se conformer à un idéal impossible, mais d’explorer comment se rendre disponible à la rencontre – dans son corps, son apparence, son énergie – sans sacrifier sa dignité ni son identité.


Pour qui et pour quoi ?

J’accompagne:

  • des personnes qui veulent mettre de l’intention dans leurs rencontres après des traumatismes, des séparations compliquées ou des années de confusion relationnelle
  • des survivant·es de violences incestueuses ou familiales qui souhaitent retrouver une capacité d’aimer sans se renier
  • des personnes en couple qui veulent prévenir ou sortir de dynamiques violentes, narcissiques ou de contrôle coercitif
  • des femmes et des hommes qui veulent se libérer des mythes patriarcaux et masculinistes pour accéder à des relations plus conscientes
  • des adolescent·es et jeunes adultes fragilisé·es par l’isolement, la solitude et la pression des normes amoureuses, familiales et esthétiques.

Mon objectif n’est pas de diaboliser le couple ni de sacraliser le célibat, ni l’inverse, mais de permettre à chacun·e de fonder des couples, des familles et des liens collectifs qui ne soient ni le prolongement de la violence ni le théâtre de la triade noire – mais des lieux de réparation, de dignité, de joie, de séduction vivante, dans un monde où les corps, les revenus, les rencontres et la fertilité sont fragilisés.